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Jonathan Bennett fait partie des quelques journalistes britanniques, férus de développement, qui se sont impliqués dans le projet OpenStreetMap (OSM) assez tôt (dès 2006). Il publie aujourd’hui un ouvrage bien utile pour tous ceux qui veulent se lancer dans la saisie ou l’exploitation avancées de données OSM, qui a reçu l’aval du fondateur Steve Coast. Malheureusement, le livre est en anglais et assez cher ! Une brève histoire Le livre, tout simplement baptisé OpenStreetMap, s’ouvre par un chapitre qui retrace l’histoire du projet. Et il n’est pas inutile de rappeler la vitesse avec laquelle la mayonnaise OSM a pris ! Alors que l’idée émerge de l’esprit de Steve Coast en 2004, il faut deux ans pour que se mette en place la première « mapping party » sur l’île de Wight, que soit créée la fondation qui assure l’infrastructure du projet et que soit diffusé le premier logiciel d’intégration. Un an plus tard, au printemps 2007, Potlatch, l’éditeur Flash est en ligne tandis que se déroule la première rencontre OSM (State of the Map) à Manchester. En août de la même année, 10 000 utilisateurs sont officiellement inscrits sur le site et, le mois suivant, AND, éditeur de données hollandais, offre sa base nationale routière au projet. Ce premier « don » sera suivi par d’autres ainsi que par une levée de fonds de 15 000 £ (environ 18 000 euros) pour acheter de nouveaux serveurs en février 2008, alors que le site comptabilise 25 000 utilisateurs. Le cap des 100 000 utilisateurs est atteint le 17 mars 2009. « En cinq ans, OSM est passé du statut de petit projet géré par quelques enthousiastes à Londres, à celui d’une ressource globale, utilisée par des milliers de personnes, à l’origine d’une industrie exploitant les données collectées. Ce n’est plus le hobby de quelques uns, c’est un projet sérieux qui attire l’attention des plus grandes entreprises et des gouvernements » (traduction de la page 17). L’ambivalence actuelle du projet (collaboratif, généreux, mais dont la valeur économique n’échappe plus à personne) se retrouve dans les arguments avancés pour inciter les lecteurs à contribuer. Certes, l’auteur insiste sur le côté amusant et de participation au bien commun. Mais il n’hésite pas à pointer les exploitations plus « professionnelles » et enjoint ceux qui ont des projets sur une zone non couverte à payer un professionnel pour effectuer les relevés avant de les reverser à la communauté. Passage en revue technique Les chapitres suivants, qui constituent l’essentiel de l’ouvrage, sont destinés à guider les premiers pas des utilisateurs/contributeurs. Comment utiliser pleinement le site www.openstreetmap.org, les règles de fonctionnement de la communauté, saisir des données avec son GPS (avec, au passage, un manuel miniature sur l’utilisation d’un GPS) et les charger dans OSM. L’auteur mentionne au passage un outil qui permet de compléter les cartes OSM en effectuant une sortie papier de la zone concernée, de l’annoter, de la scanner puis de la géoréférencer automatiquement grâce à un code-barres généré au moment de l’impression initiale, afin qu’elle puisse servir de fond de saisie. Il détaille le modèle de données OSM (les trois primitives, les changements, les tags…) avant de présenter les outils d’édition de données que sont Potlatch (Flash en ligne), JOSM (Java) et Markaartor (le plus proche d’un SIG traditionnel). Il précise comment et dans quel cas utiliser chacune de ces applications à travers quelques exemples. Il passe également en revue les outils de vérification (OSM Inspector, OSM Mapper, couche NoName) avec leurs spécificités. Viennent ensuite les solutions dédiées à la création de cartes et aux différentes procédures d’exportation (Kosmos, Osmarender…). L’exploitation des API (API REST et XAPI), leurs possibilités de filtrage, l’utilisation d’Osmosis, la création de bases de données PostGis… sont abordées dans les derniers chapitres, qui ne constituent cependant pas un manuel de développement. En guise de conclusion, Jonathan Bennett aborde les problèmes du moment (le statut de la licence) et présente rapidement quelques applications émergentes comme MapCSS et MapZen POI, qui permettent de saisir des points d’intérêt directement depuis un iPhone.
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