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Les éditions Hermes-Lavoisier ont publié en 2010 deux volumes sur la mobilité : « Mobilités urbaines et risques des transports, approches géographiques » et « Systèmes de transport urbain, caractérisation de l’offre et estimation de la demande ». Les articles, émanant d’une bonne vingtaine d’auteurs, principalement chercheurs, ont été rassemblés sous la direction d’Arnaud Banos (laboratoire Géographie-Cités) et Thomas Thévenin (université de Dijon). Ils font le point sur un phénomène qui reste difficile à observer car il concerne une multiplicité d’acteurs agissant sur des espaces temps à géométrie variable. Le premier volume, « Mobilités urbaines et risques des transports, approches géographiques », présente un certain nombre de méthodes élaborées pour analyser les déplacements sur un réseau. L’analyse « d’actogrammes », construits à partir d’enquêtes ménages/déplacements et d’interviews plus approfondies, permet par exemple d’agréger les emplois du temps de familles sur une semaine et d’aller au-delà de l’analyse d’une journée « typique ». Car, comme le remarquent les auteurs du premier chapitre, « jusqu’ici l’estimation de la demande en transport se base sur un profil moyen d’une journée de semaine ouvrée. Ceci est de moins en moins satisfaisant compte tendu des évolutions des temporalités collectives de la société (évolution du temps de travail, étalement des territoires quotidiens en lien avec l’accroissement des distances parcourues, etc.) qui entraînent une variabilité plus grande des rythmes quotidiens, laquelle rejaillit à son tour sur les besoins en mobilité » (page 49). Jean-Christophe Foltête et Arnaud Piombini proposent une méthode pour mieux comprendre les choix des piétons dans leurs déplacements. Plusieurs chapitres s’intéressent à la simulation des déplacements à différentes échelles (modèle MAGE testé sur la gare Montparnasse pour les piétons, projet MIRO pour simuler les déplacements dans un réseau de transport à l’échelle urbaine). La deuxième partie de ce premier volume se concentre sur les risques. Le lecteur découvre ainsi que des chercheurs ont réfléchi au moyen de mieux identifier les lieux dangereux en termes d’accidents de la circulation en prenant en compte non seulement les statistiques sur les accidents (fichiers BAAC), mais également la densité d’habitants et la longueur du réseau analysé. Des points sur les méthodes d’analyse de la pollution atmosphérique et des nuisances sonores sont également proposés. Enfin, un dernier chapitre présente l’état de l’art et les concepts de base utilisés dans l’estimation des risques liés au transport de matières dangereuses, exploités dans la région de la Montérégie au Québec. Le deuxième volume revient sur différents concepts, largement utilisés dans la caractérisation de l’offre et l’estimation de la demande en transports tels que les notions de multimodalité et d’intermodalité, d’accessibilité ou de potentiel urbain (un indicateur qui associe habitants, enquêtes urbaines et activités). Si l’analyse de parcours de graphes a été longtemps privilégiée, les auteurs du chapitre 4 militent pour une prise en compte de la forme réelle des réseaux pour mieux en définir l’efficacité, notamment en comparaison avec la voiture. Des exemples d’analyses sont aussi présentés, qui vont parfois à l’encontre des études classiques (accessibilité aux campus universitaires à Lille par exemple). Les derniers chapitres s’intéressent à l’estimation de la demande et proposent des conseils pour tirer au mieux profit des différents modèles existants (chapitre 5) et pour renouveler les approches visuelles traditionnelles. Outre des descriptions détaillées des données et des modèles exploitables, des courants de pensée qui les sous-tendent, chaque chapitre est enrichi par une bibliographie exhaustive. Une somme dans laquelle les géomaticiens en charge du dossier transport, pourront trouver à la fois des pistes de réflexion et des outils concrets pour construire leurs propres analyses.
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