|
Réalisé par Zoé Vaillant et Gérard Salem, ce nouvel Atlas mondial de la santé paru aux éditions Autrement est plus une réflexion sur la santé en tant qu’observatoire du monde, qu’une collection de planches sur les grandes pathologies. Et c’est bien un travail de géographie de la santé comme l’indique son sous-titre "Quelles inégalités ? Quelle mondialisation ?". Il en résulte une bonne centaine de cartes et de graphiques qui bousculent nos idées reçues et nous invitent à percevoir la santé comme un système complexe, social et politique. Non, l’obésité ne se réduit pas à une opposition entre pays riches et pays pauvres, et la mondialisation favorise aussi bien la circulation des virus (grippe aviaire) que des patients (tourisme médical). La première partie de l’ouvrage s’intéresse aux grands déterminants de santé (assainissement, accès à l’eau, disponibilité alimentaire, alphabétisation, offre de soins…). Les auteurs, géographes de la santé, s’interrogent ensuite sur sa mondialisation : allongement de la vie, mortalité infantile, contraception, obésité, paludisme, tuberculose, sida, maladies cardio-vasculaires, cancers… Autant de sujets qui divisent le monde en sous-ensembles variés. Les planches sur les ruptures et les interdépendances (la grippe aviaire, la notion de mortalité évitable…) montrent bien que la santé est le reflet de la mutation des territoires, sujet sur lequel les auteurs insistent dans une dernière partie composée de zooms sur la France et quelques cas locaux. Les données exploitées viennent principalement de l’OMS. Les auteurs mettent d’ailleurs en garde sur les limites que cela implique. Les cartes sont claires, simples et ont été réalisées par Cécile Marin, géographe et cartographe indépendante, principalement à l’aide d’Illustrator et de PhilCarto. |
|
|