Novembre 2009 : Quand Google innove… ça peut faire mal !
Pluie d’annonces du côté carto chez Google, ce mois-ci : fin de Tele Atlas sur les États-Unis, remise en forme de la cartographie, création d’un outil de signalement des erreurs, service de navigation, recherche d’annonces immobilières… décidément, Google semble bien décidé à bousculer les acteurs traditionnels de l’information géographique. Et ce n’est sans doute pas fini…
La cartographie routière en ligne de mire
Depuis début octobre, Google Maps se passe des couches Tele Atlas sur le territoire des États-Unis. Grâce à ses partenariats avec des fournisseurs comme l’US Geological Survey, l’USDA Forest Service et à une imagerie satellitaire de plus en plus détaillée, l’entreprise n’a plus besoin d’exploiter un référentiel routier payant comme Tele Atlas. La couverture nord-américaine s’appuie ainsi sur des référentiels gratuits et officiels. Pour parer aux questions de qualité, un nouveau service est proposé afin de permettre aux utilisateurs de signaler erreurs, imprécisions et d’apporter leur propre connaissance du pays. Google mise sur la masse importante de ses utilisateurs pour assurer un flux de remontées suffisant qui garantira ainsi la qualité de ses cartes, une belle illustration de la notion de valeur par l’usage.
Mais le moteur de recherche ne s’arrête pas là. Il a également annoncé fin octobre le lancement d’un service d’aide à la navigation gratuit pour téléphones portables sous Android. Là encore, l’annonce ne concerne pour l’instant que les États-Unis, mais elle a fait du bruit dans Landerneau et les actions de TomTom (propriétaire de Tele Atlas) et de Garmin ont immédiatement chuté de plusieurs points. Outre sa gratuité, le service semble particulièrement complet puisqu’il fait appel à toutes les autres ressources de Google : prise en compte de l’information trafic, possibilité d’associer point de départ ou d’arrivée à un mot ou une expression analysée par le moteur de recherche, interface vocale… honnêtement, si le service marche aussi bien que dans la vidéo de présentation, il va être difficile d’y résister ! N’oublions cependant pas qu’il implique une connexion Internet sans fil pour fonctionner, ce qui risque de poser quelques soucis dans les zones encore mal couvertes par la 3G.
Ces annonces mettent à mal le statu quo qui existait depuis le lancement de Google, qui achetait régulièrement ses données routières à TeleAtlas et Navteq, selon les régions du monde. Désormais, la firme de Mountain View entend se positionner seule sur le marché des services de localisation promis à un bel avenir. Seule ? Pas tout à fait puisqu’elle compte aussi sur ses utilisateurs pour lui fournir de l’information.
Microsoft aussi visé ?
Google-immobilier2
Google s’attaque également à l’un des marchés privilégiés de Bing Maps for Entreprise en proposant un service de recherche d’annonces immobilières directement dans l’interface de Google Maps aux États-Unis. Là encore, l’éditeur profite de ses autres ressources pour agréger les annonces des nombreux sites présents sur la toile et permettre aux internautes, grâce au géocodage automatique, de visualiser l’environnement immédiat de chaque annonce. Une petite interface permet de sélectionner les annonces en fonction de critères classiques (taille, prix…).
Décidément, l’innovation chez Google n’est pas toujours agréable pour les autres ! Une analyse que nous poursuivons dans notre article page 10.