Les 14 et 15 décembre derniers se sont tenues à Marseille les deuxièmes rencontres des dynamiques régionales en information géographique, organisées par l’Afigeo avec l’aide du CRIGE PACA et de l’association SIG LR. Dix-huit mois après la première édition de Poitiers, manifestement, ça bouge en région ! Les 110 participants l’ont bien montré : de nouvelles initiatives voient le jour tandis que les projets d’animation et de mutualisation se multiplient. Mais ces dynamiques, autrefois seules pour animer le secteur de l’information géographique, doivent désormais compter avec les stratégies nationales des grands ministères et avec des rassemblements plus thématiques. D’où l’importance de bien se connaître pour que chacun puisse trouver sa place.
De plus en plus de pièces au puzzle
Sur la carte des dynamiques régionales, il n’y a plus que deux régions en blanc, la Franche-Comté et la Champagne-Ardenne (si l’on excepte les régions d’outre-mer). Partout ailleurs, producteurs et utilisateurs d’information géographique se rencontrent plus ou moins régulièrement. Les démarches associant services de l’Etat et collectivités sont les plus nombreuses (10 régions dont la Réunion), même si, dans certains cas, la balance entre Etat et collectivités penche nettement d’un côté ou de l’autre. Ainsi, seuls des organismes comme les PNR ou les SDIS sont impliqués dans le pôle géomatique auvergnat, tandis que les collectivités sont bien plus mobilisées dans l’IAAT de Poitou-Charentes que les services de l’Etat. Les animations peuvent également se superposer pour mobiliser plus d’acteurs. En Pays de la Loire, SIGLOIRE concerne une centaine de services de l’Etat pour leur permettre de bénéficier d’un minimum d’outils communs. Mais le préfet a également souhaité créer un groupe de travail, baptisé GEOPAL dont la présidence a été confiée à Dominique Caillaud, député maire de Saint-Florent-des-Bois, afin de rassembler l’ensemble des acteurs de la sphère publique. Certaines démarches ne se font qu’entre acteurs de la sphère étatique (4 régions), mais l’inverse est tout aussi vrai, car, dans 4 régions, les démarches ne concernent que les collectivités. Restent l’Ile-de-France et, dans une moindre mesure, le Limousin où plusieurs dynamiques se côtoient, tantôt autour des services de l’Etat, tantôt entre collectivités. En Midi-Pyrénées, en Aquitaine et en Lorraine, les initiatives identifiées associent des acteurs de nature différente autour des problématiques particulières que sont l’économie de montagne, les risques et la forêt. En Languedoc-Roussillon, l’association SIG LR est un peu à part dans la mesure où elle accueille également des acteurs privés, tandis que le Réseau Géomatique de l’Ouest, qui couvre plusieurs régions, se positionne uniquement comme un réseau d’acteurs.
Quelle structure pour les partenariats ?
S’il est facile d’établir une coopération pour les services de l’Etat autour du Préfet de région, la plupart des animations fonctionnent encore sans cadre formel. C’est ainsi le cas en Alsace, malgré la signature de la convention CIGAL entre les grandes collectivités. Chaque projet doit être porté par l’un ou l’autre des organismes impliqués, comme le tout nouveau catalogue de données (www.cigal.fr). A la Réunion, qui pratique un partenariat très actif autour de l’information géographique depuis près de 10 ans, les tours de table se succèdent pour acquérir ou constituer des référentiels : les partenaires viennent de se lancer dans la création d’une base de données d’adresses en suivant les recommandations du CNIG. En Picardie, même si le Secrétariat Général aux Affaires Régionales de la Préfecture (SGAR) est officiellement au cœur de l’animation, le portage institutionnel s’avère assez faible et c’est avant tout le volontariat qui favorise la mise en commun des savoir-faire. Ainsi, le site Internet (www.dep.u-picardie.fr/carto) est hébergé par l’université. Il présente la démarche et propose quelques extraits de données et quelques cartes. Même l’Auvergne, malgré les 3 permanents qui animent le pôle géomatique, n’a pas de structure juridique ad hoc, et c’est toujours l’ENITA qui accueille l’équipe. En Rhône-Alpes, le partenariat PRODIGE entre une soixantaine de services de l’Etat s’appuie sur une charte d’adhésion, mais se fait sans cadre formel. Aujourd’hui, un catalogue de métadonnées, des programmes de numérisation et une plate-forme de téléchargement sont à la disposition des partenaires. Si certaines animations se satisfont de cette absence de formalisme, plusieurs aimeraient disposer d’une structure appropriée, qui faciliterait les demandes de subvention et le portage des projets de mutualisation. C’est le cas en Basse-Normandie où le réseau de géomaticiens, même dynamique, aimerait pouvoir se reposer sur une structure bien définie. GIP en Aquitaine, association avec conseil de surveillance en PACA, association classique en Languedoc-Roussillon ou régionale en Poitou-Charentes (IAAT), portage officiel par l’Etablissement Public Foncier dans le Nord-Pas-de-Calais… il n’existe pas de structure idéale et les participants ont beaucoup discuté entre eux pour comprendre les avantages et les inconvénients de chaque solution. Le GIP spécial "NTIC", annoncé par le représentant de l’ADAE (devenue depuis la DGME) à Poitiers en 2005 n’a manifestement pas encore vu le jour, ce que chacun regrette.
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