www.data.gouv.fr. Avec plus de 350 000 jeux de données présentés, il apparaît au premier abord d’une grande richesse. Mais va-t-il changer la donne en ce qui concerne les données géographiques ? Rien n’est moins sûr.
" />Lundi 5 décembre, Séverin Naudet et son équipe de l’Etalab ont lancé le site de l’open data gouvernemental : www.data.gouv.fr. Avec plus de 350 000 jeux de données présentés, il apparaît au premier abord d’une grande richesse. Mais va-t-il changer la donne en ce qui concerne les données géographiques ? Rien n’est moins sûr.

Une initiative saluée…
« Tout d’abord, Regards Citoyens ne peut que se réjouir de la sortie d’un portail référençant les données publiques librement réutilisables. C’est un effort à notre sens indispensable de l’État pour un renouveau démocratique et citoyen », peut-on lire dès le jour de l’ouverture sur le site de l’association Regards Citoyens, ardente militante de l’écosystème open data. Les chiffres sont impressionnants : 350 000 fichiers, 90 producteurs dont 75 administrations centrales, 817 jours de développement, 25 serveurs, 7 entreprises pour développer l’application, son moteur de recherche, le back-office permettant aux producteurs de publier leurs données… et animer la communauté des réutilisateurs. Sur ce point, Séverin Naudet ne manque pas de projets et annoncera, dès janvier, des mesures concrètes de soutien aux développeurs ainsi que le lancement d’un concours.
…qui subit déjà des critiques
Mais (car il y a bien un mais) Regards Citoyens regrette que la plupart des fichiers soient proposés dans des formats propriétaires (Microsoft notamment) et que seuls quelques-uns représentent un réel changement de politique tarifaire (les établissements scolaires, la dotation budgétaire globale et les éléments d’imposition locale de chaque collectivité ou la base des questions écrites… sont parmi les fichiers qui étaient jusqu’alors payants). Et si le nombre de jeux de données est très impressionnant, c’est principalement dû au découpage des données de statistiques locales en provenance de l’INSEE (six jeux de données pour chaque collectivité locale, déjà disponibles sur le site de l’institut), qui est le producteur de près de 300 000 fichiers. Au rang des points à améliorer, notons également la grande hétérogénéité des métadonnées, parfois plus que lacunaires. Mais, comme le martèle toute l’équipe de l’Etalab, « ce n’est qu’un début ».
Quid des données géographiques ?
www.data.gouv.fr ne propose que peu de données géographiques (112 fichiers en format SHP), les plus visibles étant sans doute les contours des îlots PAC par département. Il contient cependant quelques dizaines de fichiers dont les identifiants ponctuels ont été géocodés (notamment par l’IGN pour les établissements publics, mais également des éléments importants comme les accidents de la route), qui constituent autant de nouvelles couches exploitables dans les SIG.
Même si le site gouvernemental ne va pas changer le visage de l’open data territorial, il donne à voir une volonté politique nationale, ce qui ne peut être que bénéfique. Se présentant comme une plate-forme d’accueil pour les collectivités (7 sont présentes à l’ouverture comme Longjumeau – 15 fichiers ou le conseil général du Loiret – 65 fichiers), il va devoir trouver sa position au milieu de la multiplication des initiatives locales (voir la suite de notre dossier dans ce numéro). Son positionnement par rapport au Géoportail devra également être traité avec attention. À ce jour, il ne fait que référencer certains jeux de données de l’IGN, téléchargeables directement sur le site de l’établissement (la BD Alti dans ses versions les moins précises et, ô surprise, le GeoFLA, enfin gratuit pour tout le monde). Mais s’il est complété un jour par une plate-forme de visualisation afin de permettre aux citoyens de s’approprier directement les données, la partie cartographique sera-t-elle basée sur une API Géoportail ou renverra-t-elle au site proprement dit ? Espérons, en tout cas, qu’elle ne sera pas basée sur un globe virtuel américain, ce serait un comble !