Grâce aux smartphones, les applications qui génèrent de l’information collective se multiplient. Certaines sont désormais très populaires telles que Coyotte ou Avertinoo, d’autres ne manquent pas d’ambition lors de leur lancement comme Netatmo. Le secret de la réussite de ces nouvelles formes de crowdsourcing ? Un bon équilibre entre les bénéfices personnels et collectifs.
Netatmo a été lancé fin août dans une trentaine de pays. Développé en France par une jeune entreprise qui compte aujourd’hui douze personnes, le produit est le fruit de deux ans de recherche et développement. Va-t-il construire un nouveau réseau de stations météo ? Pour cela, il faudra atteindre une masse critique d’utilisateurs. (© Masaki Okumura)
Ma petite station météo
« La station météo Netatmo et son App permettent de mesurer les conditions météo et la qualité de l’air de son lieu de vie. De précieuses informations pour améliorer son bien-être à la maison ou au bureau et adapter ses activités extérieures. Un objet intelligent pour un bénéfice individuel et collectif : grâce à sa connexion Internet, ce produit innovant ambitionne de créer le plus grand réseau de capteurs météorologiques jamais mis en œuvre. » Voilà un parfait résumé de ce qui fait le succès de certaines applications collaboratives. Alors que la montre verte n’a jamais franchi le cap industriel, Netatmo mise sur le bénéfice personnel pour construire son réseau collectif. Cette station météo personnelle, reliée à un smartphone, vous permet de connaître à chaque instant votre situation personnelle. Voilà pour le bénéfice immédiat. La participation à un réseau de contributeurs qui va générer « une ressource pour la recherche climatique mondiale » est un plus, qui place l’expérience personnelle dans une perspective plus large, au service de la planète. Même si aujourd’hui cet aspect communautaire n’est qu’une « promesse » de l’aveu même de Frédéric Potter, fondateur de l’entreprise, il est important de le mentionner dès le lancement du produit. Pour l’instant, les utilisateurs peuvent juste choisir de rendre leur station publique ou pas. Aucune application n’est encore développée pour exploiter les données de façon globale.
Éviter les « problèmes » sur la route
L’aspect communautaire est au cœur même de produits comme Coyotte ou Avertinoo, ces anciens détecteurs de radar devenus assistants d’aide à la conduite. 1,7 million d’utilisateurs des boîtiers Coyotte, 700 000 utilisateurs de l’application Avertinoo sur iPhone : ces assistants sont de vrais succès. Ici, le produit n’est intéressant que par son aspect communautaire. Il faut des « ouvreurs » en nombre pour signaler les zones de danger (travaux, accidents, bouchons, radars mobiles…), et rendre ainsi service aux « suiveurs », qui peuvent être ouvreurs à leur tour. Et là encore, l’argument communautaire se pare de toutes les vertus, notamment celle de contribuer à la sécurité routière. Ayant désormais atteint une masse critique d’utilisateurs suffisants, ils peuvent fonctionner à plein.
Ainsi, des réseaux de « citoyens capteurs » sont bien en train d’émerger, et pas que dans les laboratoires de recherche ou aux États-Unis. Ils utilisent la géolocalisation sans qu’elle soit particulièrement mise en avant. À travers des services précis et simples, aux bénéfices personnels évidents, des bases de données géographiques riches d’enseignements sont en train de se construire. Qui les exploitera ? La question reste ouverte !
Avertinoo : Comment ça marche ?
Quand un utilisateur signale un événement sur Avertinoo (deux boutons suffisent, pour limiter l’interaction avec le smartphone), celui-ci est transmis via la connexion data à un serveur. L’alerte est alors répercutée aux autres détenteurs de l’application dans le secteur pendant deux heures. C’est à eux de confirmer ou d’infirmer l’information. Dès qu’une information n’est pas confirmée par deux suiveurs, elle est supprimée. Une méthode simple qui permet de gérer aussi bien les signalements abusifs que ceux qui ont une faible durée de vie (accident par exemple), mais qui demandent une implication constante des utilisateurs.