Pour répondre à cette question, universitaires, industriels, consultants et utilisateurs d’information géographique se sont retrouvés début avril dernier à l’ENSG de Marne-La-Vallée. Ont-ils trouvé LA réponse ? Certainement pas. Mais ils ont décliné cette interrogation de plus en plus languissante en une série de thèmes afin d’esquisser des réponses, toujours partielles, mais pertinentes.
Une réflexion déclinée en multiples thèmes
Premier constat, quel que soit le domaine abordé, la question du volume croissant de données à intégrer se pose avec acuité. C’est d’ailleurs en déclinant à l’infini les nombreuses causes du « toujours plus de données » qu’Yvon Bédard, professeur à l’université de Laval au Québec a introduit son propos. Les Lidar capturent des millions de points, les satellites génèrent toujours plus d’images de plus en plus détaillées et même les amateurs s’y mettent en produisant eux-mêmes des données. Des données jusqu’ici inexploitées viennent alimenter des analyses spatiales sophistiquées, comme l’a par exemple montré Julie Fen-Chong de l’UMR Géographie-Cités dans son analyse des communications mobiles. Cet afflux de nouvelles sources de données est bénéfique à bien des titres. Il permet d’affiner les analyses, d’aborder des thèmes jusqu’alors difficiles à nourrir de données adaptées (l’aménagement numérique des territoires, les déplacements, les observatoires sur lesquels nous reviendrons le mois prochain) et participe à la grande démocratisation de l’information géographique. Mais il implique également de trouver de nouvelles solutions de stockage, de soigner toujours plus l’ergonomie des applications qui ne doivent pas se transformer en simples fourre-tout. Garantir un minimum d’interopérabilité entre toutes ces données passe enfin par le respect de standards solides et par un minimum d’organisation comme dans le cadre de la directive INSPIRE ou comme commencent à s’en rendre compte les acteurs de l’open data.
Entre les conférences, les master-class, les stands et les ateliers, les Rencontres SIG La Lettre ont accueilli environ 600 personnes en trois jours.
Une offre industrielle adaptée
Les conférenciers n’étaient pas les seuls à se préoccuper du volume toujours croissant des données géographiques. Plusieurs exposants ont présenté des solutions de saisie, comme Leica Geosystems qui a profité des Rencontres SIG La Lettre pour lancer sa gamme Zeno ou la toute jeune entreprise Immergis qui montrait, pour la première fois, ses solutions de relevés immersifs. Côté traitement des relevés de terrain, les visiteurs ont pu découvrir RhinoTerrain, dédié à la modélisation de données 3D. L’organisation et la publication aisée de données géographiques étaient au cœur des solutions proposées par Isogeo et Web Geo Services. Quant à Business Geografic, l’entreprise mettait l’accent sur sa nouvelle plateforme à destination des infrastructures de données géographiques ainsi que sur son offre grand public. Outil souvent discret mais essentiel dans le flux de traitement des données, FME était également très présent lors de cette édition. Pour preuve, la rencontre des utilisateurs FME, organisée par Veremes qui a rassemblé près de cent personnes. Cette édition a également permis de découvrir les activités de Progis autour des produits Google et Smallworld, SIG méconnu en France, ou celles de Géotech autour de la gamme ViSit Anywhere, dédiée à la gestion de réseaux. Les « cousins » canadiens étaient également très présents avec des applications de cartographie interactive comme CartoVista présentée par DBx Geomatics et Map4Decision d’Intelli3, solution industrielle pour créer et analyser des cubes SOLAP. La 3D n’était pas oubliée grâce à Bionatics et SpacEyes. Les sociétés de services comme Camptocamp, Makina Corpus ou GraphLand ont montré qu’elles s’adaptaient aux problématiques actuelles en parlant Cloud couramment, tout comme Simalis avec sa nouvelle version de DynMap. Quant à Bentley, il apparaissait comme un éditeur plus généraliste, avec une gamme abordant toutes les phases de la création et de la gestion de données géographiques. N’oublions pas enfin CADCAMS qui présentait ses dernières-nées en matière de scanner et d’impression grand format.
Le numéro de mai de SIG La Lettre dédié aux Rencontres SIG La Lettre est disponible sur iPad à partir du 1er juin 2012.