
Géo-Evénement s’est tenu du 3 au 5 avril à la Porte de Versailles à Paris. Une édition avec une fréquentation stable, mais avec une forte participation aux conférences et des débats, parfois vifs, qui illustre l’implication des utilisateurs dans les usages de l’information géographique.
Une fois de plus, ce sont environ 2 500 personnes (et quelques pigeons, décidemment passionnés par l’information géographique) qui ont fait le déplacement pour venir à Géo-Evénement, Porte de Versailles à Paris, du 3 au 5 avril. Ces chiffres stables montrent à la fois que la communauté géomatique trouve en Géo-Evénement un temps et un lieu de rencontres précieux, mais que le salon a du mal à attirer de nouveaux venus et à se faire connaître en dehors de sa sphère habituelle.
Une offre qui va des serveurs aux métiers
Les éditeurs de logiciels misent de plus en plus sur des suites applicatives qui permettent d’aborder l’ensemble des problématiques métiers, tout en exploitant au mieux Internet et les interfaces simples des navigateurs. Ainsi, I2G a refondu sa gamme autour d’un nouveau moteur SI2G, qui exploite des composants MapXtreme de MapInfo, complété par des modules dédiés à l’urbanisme, aux espaces verts… Bentley a axé ses présentations sur ses applications dans le domaine de la gestion des réseaux d’eau et d’assainissement, tandis que Geomod faisait découvrir la modélisation du bruit avec Mithra SIG. De son côté, Netency montrait pour la première fois le couplage entre Neten’Stats et l’outil de reporting décisionnel LiveDashBoard de Prélytis, une solution déjà mise en place à l’Institut National de la Veille Sanitaire. Les serveurs étaient également au cœur des interventions de Ionic Software, qui a choisi d’expliquer ce que seront les architectures de demain, orientées vers les serveurs de services et non plus de données, ou chez Star-Apic qui a fait plusieurs exposés sur son Hub Geospatial qui permet de servir les clients de toutes sortes d’éditeurs. Générale d’Infographie a profité du salon pour organiser sa 3e GI Rencontre autour du concept de l’interopérabilité. Mais la grande nouveauté de l’édition 2007, c’était le "village open source" qui rassemblait une douzaine d’organisations. De jeunes et très petites entreprises, comme Geolabs, Waynasoft, 3Liz ou Gematys, y côtoyaient des sociétés ayant déjà pignon sur la rue de la géomatique libre comme Camptocamp, Atol Conseil ou Geomatika et des entreprises que l’on n’attendait pas forcément sur cette partie du salon comme GeoSignal, Dryade ou Capgemini. Chacun dans sa spécialité mise de plus en plus sur l’open source, qu’il s’agisse de MapServer, de Post Gis, Geotools ou d’autres composants : GeoSignal dans la réalisation de sites web cartographiques ou de collaboration (site de la dynamique régionale de la Ppige du Nord-Pas-de-Calais, notamment), Dryade dans l’information voyageur et Capgemini dans la gestion de grands projets. Entreprise reconnue du logiciel libre, mais peu connue dans le domaine de l’information géographique, Makina Corpus, présentait, elle aussi, sa démarche. Toutes ces structures ont partagé un espace central où elles ont expliqué aux visiteurs les concepts des principaux projets de l’open-source. A l’autre bout du salon, le grand militant de l’open-source Autodesk associait les présentations orientées métiers grâce à ses partenaires Geomap et GFI et celle des nouveautés d’AutoCad Map3D. Veremes, distributeur de MapServer et de FME, mais aussi Netagis ou Simalis exploitent également des composants libres (mais pas seulement) dans leurs offres de "WebSIG".
Images et 3D à l’honneur
Les logiciels SIG n’occupent plus désormais qu’une partie du salon. Les outils de saisie comme ceux de D3E Electronique ou le nouveau GMS2 de Topcon qui associe GPS submétrique, appareil photo et application de saisie développée en partenariat avec ESRI, ont désormais toute leur place. GeoInvent Sud se positionne maintenant sur l’ingénierie des données, du terrain à leur exploitation.

De même, la production d’orthophotographies haute résolution, de modèles 3D et les applications permettant de les manipuler était bien mise en valeur. Les solutions avancées de traitement d’images (aériennes, satellites, raster de tout type) sont au cœur des offres de Geosystems France (gamme photogrammétrie Leica et Erdas) et d’ITT (ENVI), tandis que Geotexel mise à la fois sur ses solutions de traitement de fichiers raster, les outils de visualisation 3D et de serveurs cartographiques. EEE IGO a mis en avant la maquette de l’agglomération de Montpellier, qui permet aux élus de présenter leurs projets pour l’agglomération et qui aide à séduire les entreprises. L’application a également plu au jury du concours "Vive la 3D interactive" qui lui a décerné le premier prix. Côté Spaceyes 3D, c’est la multiplication des références dans les collectivités qui était mise en avant. InterAtlas a annoncé son partenariat avec les Pages Jaunes qui pointent désormais sur les photographies aériennes haute résolution de l’éditeur (une dizaine de centimètres) là où elles sont disponibles (soit 25 000 km2 autour de Paris, Aix-Marseille, Toulouse, Saint-Etienne, Rennes, Nancy et Vannes) et qui, de plus, a remplacé l’interface de navigation Mappy par Shockymap, édité par le même InterAtlas. Aerodata propose pour sa part un catalogue étendu de villes en très haute résolution qui enrichit le globe virtuel de Google. Quant à Infoterra, la filiale du groupe Astrium, elle assure en France la distribution des vues obliques Pictometry réalisées par l’italien Blom qui donnent toute sa particularité à Microsoft Virtual Earth. Cybercity a fait découvrir ses modèles 3D de bâtiments de Paris, Hambourg ou Berlin. Si les façades des bâtiments de la capitale ne sont pas encore texturées, les blocs et les modélisations fines des toitures sont d’ores et déjà disponibles sous forme de dalles de 2,5 km2, dont le coût varie en fonction de la densité du bâti (de 200 à 700 euros la dalle). Intermap est également en train de constituer un catalogue de modèles numérique de terrain et de surface de toute l’Europe, avec une résolution de 5 mètres.

Discussions et débats
Au Géo-Café central, à l’espace Open-Source ou dans les salles de conférences, qu’il s’agisse de s’interroger sur la place et le rôle de la formation professionnelle avec l’Afigeo, de remettre en question une fois de plus le modèle économique de l’IGN avec le SPDG, de faire le bilan de 20 ans de géomatique avec Henri Pornon de Ieti Consultants ou de discuter concrètement du projet de convergence parcellaire ;les questions et les remarques des auditeurs ont souvent fusées. Mais Géo-Evénement, c’est aussi le moment de faire connaissance et de s’échanger points de vue et bons tuyaux, autour d’un café ou d’un sandwich. Le micro-stand de Georezo était souvent plein, les lauréats du concours "Vive la 3D interactive" ont passé beaucoup de temps à présenter leurs maquettes, et les intervenants des conférences ont volontiers pratiqué l’échange de cartes de visites. Même si Géo-Evénement en tant que salon ne permet sans doute pas à tous les exposants de remplir leur carnet de commande, il reste un temps et un espace de rencontres importants et, comme le disait justement Albert Jacquard, invité du traditionnel Café Carto : "ce sont les rencontres qui font de nous des sujets pensants, pas le savoir accumulé".