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Les grands témoins



Pour ces premières Rencontres de SIG La Lettre nous avons souhaité donner la parole à quelques personnalités plus ou moins externes au monde de la géomatique. Leur regard nous a permis de mettre en perspective nos pratiques et nos interrogations. Une façon agréable d’agiter nos neurones !

Marie-Anne Dujarier

Marie-Anne Dujarier est sociologue, elle a publié aux Editions de la Découverte "Le travail du consommateur : de Mc Do à eBay, comment nous coproduisons ce que nous consommons"

- Présentation de l’ouvrage : Où trouver une main-d’œuvre abondante, motivée et bon marché pour émettre un billet de train, concevoir une publicité ou dépanner une liaison Internet ? Une solution, promue par le marketing et soutenue par les technologies, consiste à mettre le consommateur au travail. La coproduction dans les services est avérée depuis longtemps. Pourtant, la sociologie s’est rarement penchée sur l’activité même du consommateur. Partant de situations quotidiennes dans des services marchands (transports, banque, distribution, loisirs, restauration, médias, culture, médecine, formation, etc.), l’auteure identifie trois formes de mise au travail du consommateur : l’externalisation de tâches simplifiées, la captation de productions bénévoles et la délégation du travail d’organisation. Outre l’extension du self-service, le consommateur se fait tour à tour concepteur, marketeur, prescripteur, publicitaire, producteur, réparateur, formateur et même manager. Qu’il travaille pour consommer ou qu’il produise pour avoir le plaisir de travailler, son activité est organisée dans un rapport social nouveau qui crée de la valeur pour l’entreprise. Mais comment faire travailler un consommateur alors qu’il n’est ni un professionnel ni un employé ? Peut-on organiser, prescrire et « manager » son activité ? Faut-il le former ? Que fait-il réellement ? Consent-il à travailler ? Quelles sont les formes de coopération, de conflit et de régulation dans cette division du travail spécifique ? Un livre essentiel pour comprendre les transformations actuelles du capitalisme et de son esprit.

- Elle est intervenu le 12 mai à 17h30, suite à un changement de programme de dernière minute. Sa conférence a ensuite été commentée le lendemain dans le cadre de la session "Vers de nouveaux modes de production"

Michel Lussault

Michel Lussault est géographe, il a publié dernièrement l’Homme spatial, il est aujourd’hui président de l’université de Lyon. Il nous a proposé une intervention sur le thème : Géolocalisation et traçabilité spatiale : vers une géologistique des individus ?, inspirée par son dernier ouvrage : De la lutte des classes à la lutte des places.

Le propos de ce livre est de suggérer que la trame de notre existence peut être analysée sous l’angle des relations spatiales que nous créons avec les réalités diverses que nous croisons et utilisons : autres humains, non humains divers et variés, objets, matières, idées, etc… Pour le géographe Michel Lussault, le monde de l’action sociale constitue une scène spatiale, sur laquelle interagissent des acteurs, qui utilisent pour réaliser leurs fins des instruments tels que la mise à distance, l’emplacement, la délimitation, le franchissement. Le livre s’appuie sur une analyse minutieuse d’expériences sociales variées, banales pour certaines, extraordinaires ou étranges pour d’autres. Le lecteur découvrira ce qu’il y a de commun entre la construction d’un faux hall d’immeuble dans un quartier de grand ensemble au Havre, la politique de gestion de la faune sauvage dans le Vercors, le conflit racial autour d’un arbre à Jena en Louisiane, le développement des grands aéroports et des parcs d’attraction, la vente de coquillage par un vieil homme sur une plage du sud de l’Inde, ou encore la stratégie de l’association les Enfants de Don Quichotte en faveur des sans domicile fixe. Tous ces cas illustrent l’importance de ce que l’auteur nomme " l’épreuve spatiale ". Réfléchir à l’organisation sociale en prenant comme fil conducteur la question de l’espace permettrait de redéfinir les cadres de la régulation politique des sociétés et de planter les premiers jalons d’une éthique de l’espace habité, en phase avec les grands problèmes que nous pose le monde contemporain.

- Il est intervenu Mardi 12 mai à 14h, amphithéâtre Cauchy. Un résumé de son intervention sous ce lien.

Laurent Polidori

Laurent Polidori est directeur de l’Ecole Supérieure des Géomètres Topographes. Il nous a proposé une réflexion sur le thème "Et si nous n’avions jamais vu le ciel ?"

- Présentation de son intervention : "Vous figurez-vous, demandait Henri Poincaré, combien l’humanité serait diminuée si, sous un ciel constamment couvert de nuages, comme doit l’être celui de Jupiter, elle avait éternellement ignoré les astres ?" Je partirai de cette question pour relater l’une des plus formidables conquêtes de l’esprit humain, celle qui a consisté à rechercher dans le ciel la connaissance que nous avons aujourd’hui de la Terre où nous vivons. Ce n’est pas une histoire de l’astronomie mais un survol historique de ce que la géographie doit à l’observation du ciel. L’observation du ciel, qu’elle soit scientifique ou contemplative, ne s’intéressant souvent qu’au ciel, je rappellerai la plupart des bénéfices que l’on a pu en tirer pour une meilleure connaissance de la Terre et de son histoire, mais aussi pour des applications utilitaires comme la navigation et l’élaboration des calendriers.

- Il est intervenu jeudi 14 mai à 14h, amphithéâtre Cauchy.

 
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